Comment gérer l’échec dans un processus d’innovation ?

Comment gérer l’échec dans un processus d’innovation ?

“L’échec est le fondement de la réussite.” Lao Tseu. Si l’innovation est la clé d’une économie dynamique, elle ne va pas sans son pendant : l’échec. D’après cette étude Nielsen, les faits et les chiffres sont là : en Europe, 90% des lancements produits se soldent par un échec. Mais c’est aussi reconnaître qu’un produit sur dix connaît le succès. Verre à moitié vide ou verre à moitié plein, tout est question de points de vue et surtout d’intégration de cette donnée inhérente au processus d’innovation qu’est l’échec. Alors, comment faire avec pour mieux gérer l’échec en innovation ?

 

 

 

Qu’est-ce que l’échec ?

La définition de l’échec revêt plusieurs sens, celui de faillir certes, mais aussi celui de toucher le fond, avec la possibilité donc de rebondir. Définir l’échec, c’est aussi s’interroger sur le sens du mot réussir. Dans un processus d’innovation, il est indispensable de se poser la question de la réussite attendue. Est-elle uniquement le succès commercial ? Une innovation impacte tant de facteurs dans l’entreprise que l’on pourrait envisager la réussite pour chacun de ces facteurs.

Parler d’innovations ratées ou de réussite est donc bien une façon de voir la réalité à un instant donné ou d’envisager un processus plus long, plus large, dans lequel l’échec est une étape.
Pour paraphraser Winston Churchill, “le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme”, une façon de nous dire que l’échec est un apprentissage.

 

Accepter le risque d’échouer

La culture de l’innovation intègre totalement le risque d’échouer. Pour innover, il faut faire des essais donc faire des erreurs. Mais cette culture de l’innovation, on le sait, n’est pas naturelle en France. Le poids d’un système culturel et éducatif, ainsi qu’une croyance dans un certain déterminisme, nous ont longtemps paralysés face aux insuccès et donc face à l’échec en innovation.

Ne prenons pas de risque, jouons la sécurité ! Mais ce qui est risqué désormais, dans un monde en transformation permanente, c’est de ne pas essayer. L’échec en innovation réel d’une entreprise ou d’un secteur, on le voit avec un peu de recul (pensons au secteur de la musique ou des taxis), provient avant tout d’une peur d’innover et d’une réticence à tester “plus rapidement, et avec plus de détermination, les tendances que tous les acteurs du secteur voyaient arriver depuis longtemps”. Cette autre définition de l’échec que nous propose ici Nicolas Glady, professeur à l’ESSES a de quoi faire réfléchir.

 

Tirer parti de l’échec en innovation pour… mieux innover

L’importance de l’innovation dans les entreprises est évidente, même si elle suppose des ratés et des remises en question. Nombre de marques nous ont démontré qu’elles avaient su tirer parti de leurs échecs ou les intégrer dans leur processus d’innovation. Par exemple, le yaourt à boire de Yoplait n’a pas été un succès à son lancement et c’est à force de réajustement qu’il l’est devenu. Une bonne illustration de la gestion de l’échec en innovation.

Quant au concept Essensis de Danone, malgré les différents essais de refonte du mix marketing, il a dû être arrêté. Tirer parti de ses échecs impose de travailler sur le retour d’expérience, d’analyser les causes, d’identifier les blocages, en s’inspirant par exemple des bases du lean management, et en intégrant des pratiques de type design thinking dont le crédo est « Échouer souvent pour réussir plus vite ».

Lorsque cela est possible, partager ses expériences entre pairs est également très instructif. C’est ce que propose la conférence Failcon qui rassemble chaque année à San Francisco, des start-uppeurs de tout univers, rassemblés autour du sujet de la gestion de l’innovation. C’est aussi un des volets que vous découvrirez lors du colloque Valorial le 30 novembre prochain sur le thème : « Mieux innover, l’agro fait sa révolution ».

Inscrivez-vous vite pour faire le plein d’idées sur l’innovation !

 

Innovation agroalimentation : Colloque Valorial

 


 

Liens sources externes :

http://www.nielsen.com/fr/fr/solutions.html

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-156938-lechec-la-clef-de-la-reussite-ou-lart-de-rebond-1221585.php

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/innovation-et-si-nous-definissions-l-echec-autrement-547612.html

http://www.strategies.fr/actualites/marques/111089W/danone-arrete-son-yaourt-essensis.html

https://www.lsa-conso.fr/yop-le-yaourt-a-boire-qui-a-su-rester-jeune,199243

http://pole-valorial-colloque.fr/